{"id":1974,"date":"2023-12-06T18:01:26","date_gmt":"2023-12-06T18:01:26","guid":{"rendered":"http:\/\/affaire-seznec.byethost22.com\/?p=1974"},"modified":"2024-10-29T21:31:46","modified_gmt":"2024-10-29T21:31:46","slug":"la-tromenie-de-louppe-et-heslouin-locronan-russie-etats-unis-art-3-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/affaire-cadiou-seznec.fr\/?p=1974","title":{"rendered":"La trom\u00e9nie de Louppe et Heslouin&#8230; Locronan\/Russie\/Etats-Unis &#8211; art. 3\/3"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-size: 14pt; color: #003300;\"><strong>Louppe et Heslouin jouent les prolongations&#8230; <\/strong><em><span style=\"font-size: 12pt;\">(r\u00e9daction en cours)<\/span><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1914, Albert Louppe est \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 contre Charles Dani\u00e9lou, d\u00e9put\u00e9 sortant et maire de Locronan. Pr\u00e9c\u00e9demment, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu pr\u00e9sident du conseil g\u00e9n\u00e9ral du Finist\u00e8re en 1912, peu de temps apr\u00e8s le terme de l&#8217;affaire des poudres et de sa carri\u00e8re professionnelle (1911). La guerre contre l&#8217;Allemagne d\u00e9bute tout juste et elle va n\u00e9cessiter beaucoup d&#8217;armes et de munitions. L&#8217;id\u00e9e de se repositionner pour la fourniture de gilets par-balles fait son chemin. Un appel d&#8217;offres (restreint) se pr\u00e9sente, quoi de plus naturel que d&#8217;y r\u00e9pondre. Observons qu&#8217;en haut de l&#8217;organigramme du personnel de l&#8217;armement, bon nombre de personnes, comme l&#8217;ing\u00e9nieur Louppe, sont des anciens de l&#8217;\u00e9cole Polytechnique. Ces march\u00e9s s&#8217;op\u00e8rent dans une certaine discr\u00e9tion et il est probable que peu de conseillers g\u00e9n\u00e9raux du Finist\u00e8re \u00e9taient au courant des contacts de leur pr\u00e9sident avec les responsables de l&#8217;armement militaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En fait, les d\u00e9tails nous ne les connaissons que tardivement, ils nous sont donn\u00e9s par la consultation des archives financi\u00e8res. Les soci\u00e9t\u00e9s ou personnes concern\u00e9es par les march\u00e9s de guerre ont \u00e9t\u00e9 contraintes de d\u00e9clarer leurs activit\u00e9s afin que l&#8217;administration fiscale puisse d\u00e9terminer l&#8217;imp\u00f4t correspondant aux b\u00e9n\u00e9fices suppl\u00e9mentaires et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, aux b\u00e9n\u00e9fices exceptionnels. Cela est donc bien le cas pour Albert Louppe ainsi que pour la poudrerie de Daoulas qui succ\u00e9dera \u00e0 celle de la Forest-Landerneau (celle de feu Louis Cadiou).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 15 septembre 1915, un march\u00e9 pour la fourniture de 30 000 cuirasses pare-balles &#8220;syst\u00e8me Louppe&#8221; est conclu entre A. Louppe et la section technique du service du g\u00e9nie. Au pr\u00e9alable, comme il l&#8217;indique lui-m\u00eame, il s&#8217;\u00e9tait rendu aux Etats-Unis afin, sur ordre du 15 juillet du Minist\u00e8re de la Guerre, de mettre au point le processus de fabrication. Dans un courrier du 16 octobre 1916, il pr\u00e9cise \u00e9galement qu&#8217;un stock de 94 000 cuirasses conserv\u00e9es \u00e0 Saint-Hilaire du Harcou\u00ebt a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9 par le Minist\u00e8re de la Guerre (apr\u00e8s quelques l\u00e9g\u00e8res modifications). Cette marchandise, nous dit-il, a \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9e gracieusement \u00e0 l&#8217;\u00e9tat par Gustave Heslouin (pr\u00e9cisant, sans consultation des deux autres associ\u00e9s, Simonet et Louppe). Le courrier qui nous donne ces d\u00e9tails est une correspondance avec le service de contr\u00f4le des imp\u00f4ts, Dans le cas pr\u00e9sent, A. Louppe s&#8217;ing\u00e9nie \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 la taxation aux b\u00e9n\u00e9fices exceptionnels et il ne l\u00e9sine pas sur le c\u00f4t\u00e9 patriotique de l&#8217;op\u00e9ration. Ci-dessous, l&#8217;int\u00e9gralit\u00e9 du courrier dont il est question :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>&#8220;A l&#8217;appui de la d\u00e9claration souscrite par M. Louppe, Ing\u00e9nieur en Chef des Poudres et Salp\u00eatres en retraite, d\u00e9put\u00e9 du Finist\u00e8re, pour la Contribution extraordinaire sur les b\u00e9n\u00e9fices de Guerre.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>En vertu d&#8217;un march\u00e9 pass\u00e9 le 15 septembre 1915 avec la section technique du G\u00e9nie, j&#8217;ai fait fabriquer et fourni \u00e0 l&#8217;Etat 30.000 cuirasses pare-balles du syst\u00e8me Louppe.\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>Ce march\u00e9 de r\u00e8glement a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli apr\u00e8s mon retour d&#8217;Am\u00e9rique, o\u00f9 j&#8217;\u00e9tais all\u00e9 pour faire faire les installations n\u00e9cessaires, pour r\u00e9gularisation d&#8217;un ordre du Ministre de la Guerre en date du 15 juillet 1915 me prescrivant de vouloir bien faire proc\u00e9der \u00e0 la mise en fabrication en Am\u00e9rique des 30.000 cuirasses en question.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>Les cuirasses pare-balles syst\u00e8me Louppe, dont l&#8217;invention remonte \u00e0 1904, \u00e9taient fabriqu\u00e9es, avant-guerre, \u00e0 l&#8217;usine de Saint-Hilaire du Harcou\u00ebt (Manche), o\u00f9 le ministre de la Guerre a fait prendre \u00e0 la fin de 1914, apr\u00e8s de l\u00e9g\u00e8res\u00a0 \u00a0modifications apport\u00e9es sur place, un stock de 94.000.cuirasses d&#8217;un mod\u00e8le l\u00e9ger, Et cela apr\u00e8s abandon fait gratuitement \u00e0 l&#8217;Etat, des dites cuirasses par M. Heslouin qui n&#8217;\u00e9tait propri\u00e9taire que du tiers. Cet abandon fait \u00e0 coup s\u00fbr dans un but louable, n&#8217;en fut pas moins fait \u00e0 l&#8217;insu des propri\u00e9taires des deux autres tiers, MM Simonet et Louppe, qui, vu la situation de la France en septembre 1914, n&#8217;ont pas voulu quand ils en ont eu connaissance tardivement, s&#8217;opposer \u00e0 l&#8217;exc\u00e9cution de l&#8217;acte commis \u00e0 leur d\u00e9triment par M. Heslouin. Ils ont estim\u00e9 que dans les moments tragiques que l&#8217;on traversait, tout acte patriotique de nature \u00e0 augmenter la puissance militaire de la France, devait passer avant les int\u00e9r\u00eats individuels.\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>Pour mon compte personnel, j&#8217;estime en outre qu&#8217;il ne pouvait y avoir qu&#8217;int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce qu&#8217;il soit proc\u00e9d\u00e9 en grand, en France, aux essais de ces appareils.\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>Ces 34.000 cuirasses, d&#8217;un type l\u00e9ger, furent donc mises en service dans les corps de troupe. Et pendant que les essais se produisaient sur le front, je fis \u00e0 l&#8217;usine de Saint Hilaire du Harcou\u00ebt, pendant les derniers mois de 1914, en pr\u00e9sence d&#8217;officiers d\u00e9sign\u00e9s par l&#8217;Autorit\u00e9 Militaire, de nombreuses recherches, en vue d&#8217;obtenir un type d&#8217;appareil plus r\u00e9sistant. Et cela sur la demande du Minist\u00e8re de la Guerre qui d\u00e9sirait avoir un appareil r\u00e9sistant \u00e0 bout prtant \u00e0 la balle Allemande.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>Apr\u00e8s plusieurs essais infructueux, l&#8217;\u00e9tat o\u00f9 se trouvait alors l&#8217;industrie fran\u00e7aise ne me permettant pas de solutionner ce probl\u00e8me avec les ressources fran\u00e7aises, je priai M. Heslouin de se rendre en Am\u00e9rique en vue de rechercher des aciers plus r\u00e9sistants et de s&#8217;assurer dans quelles conditions on pourrait y faire installer une ou plusieurs usines pour la fabrication des appareils.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>A la suite de ces d\u00e9marches, je r\u00e9ussis \u00e0 pr\u00e9parer un appareil r\u00e9pondant aux conditions requises et les r\u00e9sultats obtenus dans les essais faits le 3 f\u00e9vrier \u00e0 Auteuil, devant la commission de l&#8217;Arm\u00e9e confirm\u00e8rent les r\u00e9sultats que j&#8217;avais indiqu\u00e9s.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>C&#8217;est dans ces conditions que le Ministre de la Guerre m&#8217;a pr\u00e9cis\u00e9 de faire fabriquer les 30.000 cuirasses en Am\u00e9rique, ne voulant, \u00e0 aucun prix, pour des motifs divers, \u00e0 en assurer la responsabilit\u00e9 directe.\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>Mais il restait \u00e0 surmonter trois grosses difficult\u00e9s :<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\"><em>a &#8211; la premi\u00e8re, de faire installer l&#8217;usine pour la fabrication<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\"><em>b &#8211; la deuxi\u00e8me, de se procurer les mati\u00e8res premi\u00e8res<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\"><em>c &#8211; la troisi\u00e8me, d&#8217;ex\u00e9cuter la commande dans un d\u00e9lai de 65 jours.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>Il convient d&#8217;ajouter qu&#8217;\u00e0 ces difficult\u00e9s d&#8217;ordre pratique s&#8217;ajoutaient les difficult\u00e9s d&#8217;ordre th\u00e9orique d\u00e9coulant des modifications susceptibles d&#8217;\u00eatre apport\u00e9es par le gouvernement, en cours d&#8217;ex\u00e9cution, \u00e0 l&#8217;appareil primitivement con\u00e7u, difficult\u00e9s qui se sont produites et qui n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 des plus faciles \u00e0 surmonter.\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>C&#8217;est donc dans ces conditions que r\u00e9pondant au d\u00e9sir qui m&#8217;\u00e9tait exprim\u00e9 et par la Commission de l&#8217;Arm\u00e9e et par le Ministre de la Guerre, je n&#8217;h\u00e9sitais pas \u00e0 me rendre en Am\u00e9rique pour y installer la fabrication et \u00e0 assurer seul la responsabilit\u00e9 des dites fabrications<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>L&#8217;acier a \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9 selon mes indications, je me suis assur\u00e9 la fourniture de tous les autres produits entrant dans la pr\u00e9paration des cuirasses. j&#8217;ai fait installer dans l&#8217;usine tous les appareils qui m&#8217;\u00e9taient n\u00e9cessaires pour la mise en \u0153uvre.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>J&#8217;ai donc fabriqu\u00e9 moi-m\u00eame les cuirasses, restant constamment responsable envers tous, Am\u00e9ricains et gouvernement fran\u00e7ais.\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>En un mot, en transportant, d&#8217;accord avec le Ministre de la Guerre, en Am\u00e9rique, la fabrication des cuirasses, syst\u00e8me Louppe, je n&#8217;ai pas fait acte accidentel de commerce, mais j&#8217;ai continu\u00e9 \u00e0 assumer la fabrication de ces appareils, en vue de laquelle je disposais d&#8217;une usine en France, avec cette diff\u00e9rence que le trait\u00e9 qui me liait \u00e0 MM Simonet et Heslouin \u00e9tait venu \u00e0 expiration dans les premiers jours de l&#8217;ann\u00e9e 1915. Et n&#8217;ayant pas \u00e9t\u00e9 renouvel\u00e9, je suis devenu seul fabricant de ces appareils.\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>J&#8217;ai tenu \u00e0 faire cet expos\u00e9 sinc\u00e8re et v\u00e9ritable pour \u00e9tablir que dans l&#8217;ex\u00e9cution de la commande des 30.000 cuirasses fabriqu\u00e9es en Am\u00e9rique, je n&#8217;ai pas fait un acte accidentel de commerce, mais que j&#8217;ai continu\u00e9 \u00e0 faire acte de fabricant. Et que les int\u00e9r\u00eats que j&#8217;avais et que j&#8217;ai toujours dans l&#8217;usine de Saint-Hilaire du Harcou\u00ebt ont \u00e9t\u00e9 permanents et simplement transport\u00e9s, temporairement, pour cause de force majeure, d&#8217;accord avec le gouvernement, en Am\u00e9rique.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>Une industrie de ce genre est forc\u00e9ment une industrie que l&#8217;on ne peut pratiquer d&#8217;une fa\u00e7on continue, puisque tout approvisionnement constitu\u00e9 \u00e0 l&#8217;avance est un approvisionnement qui risque d&#8217;\u00eatre perdu, attendu que les appareils \u00e0 fabriquer sont, d&#8217;apr\u00e8s leur nature m\u00eame, appel\u00e9s \u00e0 subir d&#8217;incessantes modifications.\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>Pour \u00eatre fabricant par intermittence, on n&#8217;en reste pas moins fabricant. C&#8217;est pourquoi nous concluons :\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\"><em>1 &#8211; que notre cas est un cas rentrant dans le 4e paragraphe de l&#8217;article 1er de la loi du 2 juillet 1916 et non dans les paragraphes 2 et 3 du dit article.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 80px;\"><em>2 &#8211; que l&#8217;industrie que nous avons pratiqu\u00e9e, par suite de cas de force majeure, en Am\u00e9rique, forme avec celle que nous pratiquions \u00e0 Saint-Hilaire du Harcou\u00ebt, un tout qui s&#8217;encha\u00eene et qui se lie, et qu&#8217;aucune consid\u00e9ration ne saurait d\u00e9truire.\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 1080px;\"><em>Brest le 30 octobre 1916 &#8211; sign\u00e9 Louppe<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Louppe et Heslouin jouent les prolongations&#8230; (r\u00e9daction en cours) En 1914, Albert Louppe est \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 contre Charles Dani\u00e9lou, d\u00e9put\u00e9 sortant et maire de Locronan. 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